Livres, lectures et littérature

La Table des Matières de Sylvie Fayet-Scribe

TM1La table des matières : roman / Sylvie Fayet-Scribe. — Paris : Ed. du Panama, c2007. — 452 p. ; 20 cm. — ISBN 978-2-7557-0175-3.

Quatrième de couverture

Qui a torturé puis assassiné Margaret Penfield, une respectable bibliothécaire américaine ? Et pour quel mobile ? Parce qu’elle avait identifié la plante qui promet l’immortalité décrite par Hildegarde de Bingen au XIIe siècle ?

Pour Laurette Lerbier, révéler au grand public le nom de cette plante fabuleuse serait le point d’orgue de l’exposition sur les jardins qu’elle prépare au Muséum d’histoire naturelle. Elle décide de jouer les Miss Marple et se lance à la recherche de l’énigmatique source de jouvence. L’enquête la mène dans le monde méconnu des précurseurs d’Internet. Des savants de la Renaissance aux encyclopédistes mondialistes du XIXe siècle, en passant par les jansénistes de Port-Royal et les bibliographes révolutionnaires du siècle des Lumières, le but de sa quête ne cesse de se dérober alors que les menaces se font plus précises.

Accompagnée du séduisant Lucas du Prat, savant botaniste de la police scientifique, Laurette pourra-t-elle déjouer ce qui ressemble de plus en plus à un complot féministe international aux desseins bien mystérieux ?

Un roman historique qui emprunte les chemins de l’intrigue policière, dans le clair-obscur des bibliothèques et la lumière des jardins.

L’auteur

Syvie Fayet-Scribe est née en 1956 à Saint-Ouen près de Paris. Elle enseigne l’histoire et TM2les sciences de l’information à la Sorbonne (maître de conférences). En 1994, elle cofonde la revue électronique Solaris : information, communication. Elle fera partie du Comité de rédaction. (La revue ne semble pas avoir été mise à jour depuis 2001). Elle écrit quelques ouvrages dont Associations féminines et catholicisme, de la charité à l’action sociale, en  1990 et L’Histoire de la documentation en France: culture et technologie de l’Information : 1895-1937, en 2000. Elle participera à de plusieurs ouvrages collectifs et écrira des articles,  par exemple, Mouvements de jeunesse chrétiens et juifs sous la direction de Gérard Cholvy, Histoire de l’accès à l’information scientifique et technique : enjeux théoriques et heuristiques (Actes du XIIe Congrès national des sciences de l’information et de la communication,) etc. Elle écrit son premier roman La Table des matières en 2007.

Résumé

Une jeune bibliothécaire préparant une exposition sur les jardins et surtout sur Hildegarde de Bingen voit son bureau fouillé. Alors qu’elle se rend à un dîner au cours duquel elle apprend l’assassinat d’une bibliothécaire américaine. Petit à petit, Laurette Lerbier découvre que ces deux éléments sont peut-être reliés.

Elle se lance dans une enquête qui l’oblige à retracer l’histoire de la documentation: la création de la table des matières, l’élaboration de bibliographies et des grands catalogues, la création des fiches, la classification, etc. Elle se voit rapidement prise dans une intrigue qui semble de plus en plus dangereuse et qui implique la société de l’information, les jardins médiévaux et une société secrète.

Commentaires très personnels (mais alors là, très très très personnels)

Alors, j’ai décidé d’en parler après tout. Je ne m’attarderai pas des heures sur mon commentaire, car j’ai déjà beaucoup exprimé mon opinion sur ma difficile lecture… même si je l’ai faite jusqu’au bout. Je ne pouvais m’empêcher de lire jusqu’à la fin les 452 pages de ce roman… Vous vous souvenez… j’en parlais d’abord ici, dans un texte sur mes crimes littéraire et ensuite ici, alors que je terminais enfin ma lecture. On m’a demandé quel était le livre et j’hésitais au début à la dire. Après tout… quelqu’un a écrit ce livre et y a mis tout son coeur (enfin, j’imagine). Et ça me fait toujours quelque chose… je suis un peu sentimentale dans ce sens.

Alors j’ai pioché un peu sur le web et j’ai lu quelques critiques. Et je suis tombée sur le blog de l’auteur elle-même. Elle y parle de son roman, de ses idées, de ce qu’elle voulait faire, etc. Alors je me suis dis, que je devais lire un peu ce qu’elle disait. Je n’ai pas changé d’opinion, mais je comprends un peu sa démarche. Et j’ai décidé de parler un peu plus du livre.

La supposée intrigue policière est un prétexte. Un prétexte pour faire le portrait de différentes figures de l’histoire des sciences de la documentation. En nous présentant ces personnages historiques, l’auteur non seulement nous raconte les grandes étapes et inventions documentaires mais nous plonge directement dans l’époque du personnage. Nous passons donc de la Renaissance au XXe siècle, de Pierre de la Ramée à Suzanne Briet, en passant par Paul Olet, sans oublier de revenir au Moyen âge avec Hildegarde de Bingen.

L’auteur connaît bien son sujet : l’histoire des sciences de l’information. Donc, ces chapitres se lisent bien, avec intérêt. On en apprend un peu sur l’époque dans lequel chacun de ces hommes et de ces femmes ont vécu. Évidemment, tout ça est romancé. On prête des gestes, des paroles et des sentiments à ces personnages. Cela fonctionne assez bien. En fait, ces passages sont franchement plus intéressants que l’intrigue moderne et policière. Cette dernière est maladroite et selon mon avis, vraiment décousue.

J’aurais vraiment préféré que l’auteur laisse de côté Laurette et tout ce flafla policier assez peu convaincant pour se concentrer sur les personnages historiques. Quitte à n’en prendre qu’un seul et à romancer sa vie. Cela aurait été bien plus réussi. Car l’intrigue est vraiment mal menée, sans suite logique… les liens sont faibles et on oublie franchement de quoi il en retourne tellement les « nouvelles » sur chacun des personnages prennent la place. Quand on revient au « présent », on se dit… ah oui, tiens, je l’oubliais elle ! Et franchement… aujourd’hui, je ne peux même pas me souvenir pourquoi la bibliothécaire à été assassinée… Et on a vraiment l’impression que l’auteur en rajoute: secte féministe secrète, torture dans un couvent, enfin… on a de la difficulté à suivre et à y croire !

Mais l’auteur semble bien connaître son métier. Et même si, personnellement, je peux reprocher un aspect vraiment trop historique et « français » à sa formation, c’est vraiment son style d’écriture qui est difficile à lire et à suivre. Le roman se rapproche par moment d’un mauvais harlequin ou encore d’un polar de bas de gamme… Les clichés et les maladresses sont innombrables. Il suffit de relire quelques uns des extraits que j’ai mis dans mes autres textes… et encore ce ne sont que quelques exemples parmi des centaines.

Je ne veux pas trop parler des notions ou de la profession… les clichés là aussi sont innombrables. Disons tout simplement que la formation semble être incroyablement différente entre le Québec et la France. Mais je peux admettre qu’on ne voit pas les choses de la même façon. Et n’oublions pas aussi que l’auteur est spécialisée dans l’aspect historique de la profession donc ceci explique sûrement cela.

Mais j’aimerais simplement dire que même si on a toutes les connaissances, que l’on a une bonne idée… le style d’écriture est aussi important. Et lire certains passages (comme celui mis plus bas) était tout simplement insoutenable !

Je crois sincèrement que l’auteur aurait dû centrer son propos sur la romantisation de la vie d’un ou deux des personnages historiques tout en faisant attention aux phrases, métaphores et hyperboles utilisées !!!

Je respecte son travail et ce qu’elle a voulu transmettre… beaucoup moins le résultat. Alors voilà !

L’avis de DocDocDoc,

Extraits

 » – Comment, tu ne veux pas goûter à quelques câlineries sur un lit de livres? Nos corps nus sentiraient la rugosité de l’écorce d’une couverture, la caresse d’une page, et nos narines inhaleraient l’acidité sensuelle de l’encre.

Indifférente à la beauté des arguments de Philippe, Laurette avait attrapé un ouvrage qui semblait retenir toute son attention. Sa tête et ses longues jambes étaient calée, on l’aurait crues sur la plage. Malgré son teint bronzé, le visage de Philippe Mérières s’empourpra:

– Et puis arrête de faire la mijaurée, ma petite Laurette, cela ne te va du tout. Tu joues à quoi avec moi? Tous les êtres autour de toi n’existent pas uniquementpour répondre à tes seuls désirs !

– Laissez-moi, Philippe, un peu de respect pour le travail intellectuel de votre collègue, s’il vous plaît. Ce livre me transporte au septième ciel. » p. 244p.

Sources à consulter

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4 réflexions au sujet de “La Table des Matières de Sylvie Fayet-Scribe”

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