Minuscule d’Andrew Kaufman

Minuscule01Minuscule / Andrew Kaufman ; traduit de l’anglais par Nicolas Dickner.  — Québec : Alto, 2012 – 122 p. : ill. ; 21 cm. – ISBN 978-2-89694-067-7

Quatrième de couverture

Tout commence par un cambriolage. Non pas un banal vol d’argent, mais un crime aux conséquences drôlement plus sérieuses.

Un mercredi du mois de février, un homme coiffé d’un extravagant chapeau violet demande à ses treize victimes de lui remettre l’objet qui a la plus grande valeur à leurs yeux, et en profite pour subtiliser 51% de leur âme. Dès le lendemain, une série d’événements étranges s’amorce : l’un se réveille transformé en bonhomme de neige, une autre métamorphosée en bonbon, une jeune fille est poursuivie par son tatouage, un bébé défèque des devises. Et Stacey Hinterland se met à rapetisser.

Aussi craquant qu’une mignardise, Minuscule se déguste comme une fable. Au-delà du farfelu et de l’étrange, ce récit d’une fraîcheur réjouissante sur la reconquête amoureuse cache un autre secret : c’est parfois en rapetissant qu’on grandit.

L’auteur

Andrew Kaufman est né à Wingham en Ontario au Canada. Il publie sa première œuvre Minuscule02All My Friends Are Superheroes en 2003. Cette novella fut traduite en plusieurs langues dont le français en 2007sous le titre Tous mes amis sont des superhéros. En plus d’écrire, il est également réalisateur et travaille pour la CBC Radio à Toronto comme producteur.

Il vit présentement à Toronto avec sa famille.

Compte Twitter de l’auteur.

Bibliographie

  • All My Friends Are Superheroes (2003)
  • The Waterproof Bible (2010)
  • The Tiny Wife (2010) (Minuscule, 2012)
  • Born Weird (2013)
  • Small Claims (2017)

Mes commentaires

Le petit roman de Kaufman est en fait un conte pour adulte. Minuscule roman très – trop – court et assez sympathique, vite lu et malheureusement bien vite oublié dans mon cas. Je n’aime pas quand cette impression qu’il manque quelque chose à ma lecture lorsqu’elle se termine s’accompagne d’un oubli rapide de cette lecture.

Et pourtant les avis sont généralement très élogieux pour cette petite fable. On en dit qu’elle est poétique, qu’elle se déguste comme un bonbon. Je n’ai tout simplement pas lu le livre de Kaufman au bon moment. Ça arrive.

Alors, voyons voir ce qui s’y passe. Un cambriolage un peu particulier dans une banque transforme la vie d’un groupe de personnes qui s’y trouvaient. Car le cambrioleur, un homme étrange vêtu d’un chapeau violet, bien qu’armé, ne demande qu’une seule chose de chaque personne : l’objet qu’ils ont présentement sur eux et qui possède à leurs yeux, la plus grande valeur sentimentale. Avant de quitter avec ces objets parfois triviaux, l’homme leur dit une dernière chose. En emportant l’objet qui leur est le plus précieux, il emporte aussi 51% de leur âme. Ce vol aura des conséquences sur leur vie et celles-ci peuvent mener à leur mort. Mais ils peuvent échapper à cette mort s’ils apprennent à retrouver la partie manquante de leur âme. À la faire « repousser ». Et l’homme part avec son butin.

Le lendemain d’étranges choses commencent à se produire dans la vie des victimes du vol : une veille femme se multiplie en une centaine de petite version d’elle-même, une personne trouve Dieu sous son divan et le lave, un homme se transforme en bonhomme de neige, une femme en bonbon, un homme se fait littéralement et physiquement voler son cœur, une femme se met à rétrécir un peu plus chaque jour, …

Les victimes sont parfois les personnes ayant été volées mais parfois une personne de leur entourage. Les phénomènes sont parfois anodins, parfois catastrophiques, mais toujours improbables. Et surtout à peine décrits ou racontés. Nous effleurons parfois à peine l’histoire et on en sait peu sur les conséquences dans la vie des gens. On les devine plus qu’on les connait ou même les comprend. On ne nous donne pas vraiment les raisons des changements et phénomènes étranges. On devine qu’il doit bien y avoir un rapport avec leurs vies. Et que c’est en comprenant comment ce qui a été volé influençait positivement ou négativement leur vie, leur être, leur âme qu’ils pourront se reconstruire. Je comprends que l’auteur ne veut pas trop en dire pour nous laisser chercher et comprendre seuls. Mais le but d’un conte étant non seulement d’amuser mais aussi d’instruire ou d’éduquer, j’aurais apprécié un peu plus d’explication sur ce que je devais méditer. Il m’a semblé que l’auteur a donné trop peu d’indices pour vraiment comprendre les raisons de ce qui arrivaient aux victimes. Certains personnages ont à peine eu droit à quelques lignes. Soit l’auteur aurait dû tout simplement ne pas en parler, soit il aurait dû leur consacrer plus de pages. Surtout que certaines histoires semblaient bien intéressantes et pleines de promesses.

On ne se penche réellement que sur une seule personne et sa famille, la femme qui rétrécit. On passe même beaucoup trop de temps sur eux. Pourquoi ? Je n’ai pas compris pourquoi cette victime était plus importante que celle qui s’était multipliée ou celle qui était en sucre, par exemple. Le narrateur du récit est l’époux de la victime. Ce qui est en soit intéressant car nous avons la perspective de quelqu’un étranger au vol. Il ne comprend rien à ce qui se passe… un peu comme nous, d’ailleurs.

Nous passons donc plus de temps avec cette histoire et on oscille entre la vie et les problèmes du couple et leurs angoisses face au rétrécissement de la femme. On décèle plus facilement les raisons des conséquences du vol et comment ils peuvent faire repousser son âme… parce que nous avons droit à plus de pages pour cette histoire. Peut-être l’auteur aurait dû concentrer son histoire uniquement sur eux.

C’est un conte qui se lit rapidement mais qui m’a semblé inachevé. On comprend que l’auteur veut nous faire réfléchir à ce qui est important pour nous, pourquoi et quelles seraient les conséquences si on le perdait. Mais les personnages n’ont pas réussi à me mener sur ce chemin. De belles idées mais qui ne mènent nulle part. Et je ferme mon livre en gardant à peine un souvenir furtif des mots du livre et des images qui les accompagnaient.

Bande-annonce du livre sur Youtube.

Les mots de l’auteur

« Le détective Phillips passa la journée suivante coincé sous son histoire familiale, puis une seconde nuit. Il dormit très peu. La faim et la soif devinrent intolérables. Au matin, alors qu’il entamait sa trente-septième heure de captivité, il commença à céder au désespoir. Il n’avait pas osé bouger, jusque-là, de crainte que l’histoire ne glisse et l’écrase. Maintenant il savait qu’il n’avait plus le choix, et il commença à se tortiller. L’histoire s’agita au-dessus de lui, mais au lieu de s’affaisser, elle laissa passer un mince trait de lumière p. 78

Pour en savoir un peu plus…

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